Les anticorps monoclonaux : supprimer le système immunitaire

 

Proposer un traitement de fond à des personnes atteintes d’une forme progressive de sclérose en plaques n’est pas simple, parce que cette forme de la maladie reste encore mal connue.

 

Traitement de fond pour la SEP progressive

Le traitement de fond de la sclérose en plaques, qui veut chercher à contenir les lymphocytes destructeurs de myéline, doit conduire à des effets immunosuppresseurs, c’est-à-dire qui vont « court-circuiter » la « mauvaise » réaction du système immunitaire du malade qui « bug » en s’attaquant contre lui-même.

Les anticorps monoclonaux ont fait leur apparition dans l’arsenal thérapeutique de lutte contre la sclérose en plaques : en réduisant le nombre de lymphocytes B, ces molécules diminuent la fréquence des poussées, et par conséquent la progression vers l’invalidité du malade.

Que sont les anticorps ?

Les anticorps circulent dans le sang à la recherche d’agents pathogènes (bactéries, virus ou autres parasites) ou de cellules anormales. Dans le cas où ils découvrent la présence d’un agresseur potentiellement dangereux, ils vont alors activer la réponse immunitaire de l’organisme et faire en sorte que l’intrus soit combattu et éliminé.

En s’inspirant de la manière dont les anticorps défendent l’organisme, les scientifiques ont imaginé des moyens de les diriger contre des maladies incurables, telles que la sclérose en plaques.

 

Que sont les anticorps monoclonaux ?

Les anticorps monoclonaux sont des anticorps produits en laboratoire, qui ont appris à identifier des signaux de danger que les anticorps naturels ne reconnaissent pas.

Une fois injectés dans la circulation sanguine d’un patient, les anticorps monoclonaux se comportent de la même manière que les anticorps naturels : tels que des sentinelles, ils partent à la recherche d’un signal de danger spécifique et aussitôt qu’ils détectent celui-ci, ils déclenchent les mécanismes de défense naturels de l’organisme pour combattre la maladie.

Jusqu’à présent, deux anticorps monoclonaux étaient autorisés pour le traitement de la sclérose en plaques : le natalizumab (Tysabri®) et l’alemtuzumab (Lemtrada®).

 

Comment les anticorps monoclonaux opèrent-ils contre la sclérose en plaques ?

Les leucocytes (globules blancs) sont les cellules immunitaires responsables de la lutte contre les agresseurs. Dans les conditions normales, les leucocytes présents dans le sang détectent les agressions subies par les tissus, et traversent la barrière qui les sépare du tissu menacé et déclenchent une cascade de réactions inflammatoires qui permettent d’éliminer la menace et d’évacuer les cellules mortes ou endommagées afin que le tissu lésé puisse se réparer.

Dans la sclérose en plaques, des leucocytes anormaux quittent la circulation sanguine sans raison, pour pénétrer dans le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et activer des réactions inflammatoires qui sont responsables de la démyélinisation, et ainsi déclenchent ce qu’on appelle des « poussées ».

 

Exemples d’anticorps monoclonaux prescrits dans la SEP

Les anticorps monoclonaux utilisés dans le traitement de la sclérose en plaques visent à diminuer l’inflammation du système nerveux central.

  • le Natalizumab Pour pouvoir traverser la barrière qui sépare la circulation sanguine du système nerveux central, les leucocytes portent à leur surface des marqueurs spécifiques appelés molécules d’adhésion.

En se liant très fortement aux molécules d’adhésion (les leucocytes qui portent à leur surface des marqueurs spécifiques appelés molécules d’adhésion), les leucocytes ne peuvent pas induire au niveau du système nerveux central le processus inflammatoire à l’origine de la sclérose en plaques. Le natalizumab est indiqué en Suisse pour le traitement de la sclérose en plaques récurrente-rémittente, secondaire progressive et progressive récurrente.

  • l’Alemtuzumab Cet anticorps a été conçu pour se lier spécifiquement à un marqueur présent à leur surface.  Il est indiqué en Suisse pour le traitement des patients adultes atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente active et en cas d’échec du traitement.
  • l’Ocrelizumab et le daclizumab Les 2 types de lymphocytes (les lymphocytes B et les lymphocytes T) participent à l’inflammation qui provoque les troubles neurologiques chez les patients atteints de sclérose en plaques. L’ocrelizumab a été développé pour reconnaître un marqueur caractéristique des lymphocytes B et le daclizumab un marqueur de surface des lymphocytes T. Comme dans le cas de l’alemtuzumab, les lymphocytes B liés à l’ocrelizumab et les lymphocytes T liés au daclizumab sont détruits par le système immunitaire et ne peuvent plus déclencher des processus inflammatoires au niveau du système nerveux central.

 

Nouveau traitement mis sur le marché français : OCREVUS®

Les patients français souffrant de sclérose en plaques peuvent bénéficier de l’ocrelizumab, commercialisé sous le nom de marque OCREVUS®.

Les laboratoires Roche ont obtenu une AMM (autorisation de mise sur le marché) pour OCREVUS®.

L’ocrelizumab est un anti-corps monoclonal qui permet de réduire le nombre de lymphocytes B responsable de la destruction de la myéline (gaine protectrice des fibres nerveuses) chez les malades.

La particularité de l’ocrelizumab est qu’il est actif sur les 2 formes de scléroses en plaques, qui sont la SEP primaire progressive (la maladie évolue régulièrement pour (15 % des SEP) et la sclérose en plaques récurrente-rémittente (la pathologie évolue par poussées, avec des phases de rémission, et récupération.

Il a démontré sa capacité à diminuer la progression de la maladie vers l’invalidité (de 25 % à 6 mois), ainsi qu’à réduire de 50 % le taux de rechute dans la SEP récurrente-rémittente.

Il s’administre en perfusion intraveineuse tous les 6 mois.

Ses principaux effets secondaires sont une augmentation du nombre d’infections.

Une étude des effets de l’ocrelizumab contre la SEP progressive auprès de 732 patients (essai en double aveugle avec placébo) a permis d’obtenir les résultats suivants : cette molécule permet de retarder l’évolution de la maladie. En revanche, ce traitement est lourd en effet indésirables grave comme des infections (respiratoires et cutanées) et des risques de cancer.

 

 

Ocrelizumab : le nouveau traitement conseillé par mon neurologue

Ce matin, j’avais mon rdv semestriel au CHU de Montpellier.

Sans grande surprise, il m’a annoncé que la maladie progressait … Je m’étais rendue compte par moi-même de l’aggravation de mon état physique (plus grande fatigue musculaire, équilibre instable, tout ceci allant jusqu’à me provoquer des chutes !).

La consultation a été assez rapide (20 minutes), le temps de voir comment je marchais et de me fixer un nouveau rendez-vous pour début octobre.

Le traitement « Copaxone » m’est arrêté (9 ans d’injections sous-cutanées ça se fête, non ?!).

Il me conseille de débuter un traitement immunosuppresseur, qui se reçoit en intraveineuse au CHU.

Je ne sais pas encore si je vais me laisser convaincre ou non !

Et vous, que feriez-vous à ma place ?

 

 

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