La SEP en trop !

 

La spécialiste des plans foireux avec les mecs, c’est moi !

 

Un grand père admiré

Dès l’enfance, ma vie affective et sentimentale était bien mal partie avec un grand père abuseur. Il était magistrat de carrière dans l’armée, donc une personne « intouchable », à qui jamais on n’aurait pu penser que ..

Pour moi enfant il était mon grand père ce héros !

Quand il est décédé à mes 12 ans, je pensais que c’était parce que mes parents lui avaient dit qu’il ne pourrait plus me voir seul. J’avais répondu à ma mère (qui avait sentie comme un malaise chez moi) « il me sert de trop près », puis mon père était allé lui demander ce qu’il fabriquait avec moi : « Rien ! Chrystèle n’est qu’une enfant ! » …

Dans ma tête de jeune fille de 12 ans, j’avais imaginé qu’il braverait l’interdit pour venir me chercher et que l’on partirait ensemble tel un couple ! J’avais beau n’avoir que 12 ans et ne pas comprendre vraiment ce qui s’était passé, dans ma tête et dans mon cœur, j’étais « sa femme », celle qu’il aimait en silence !

Quelques temps après son décès, j’ai commencé à me plaindre de fatigue … les profs à l’école aussi. Apparition des 1ers signes de la SEP selon mon neurologue actuel.

 

A partir de là, je suis restée très timide avec les hommes et j’avais perdu toute confiance en moi.

 

Une enfant et une adolescente timide avec les garçons !

J’ai continué à croire au « prince charmant », malgré cette première histoire d’amour mal vécue. J’étais super « fleur bleue » à regarder « Candy » à la TV et à lire des romans à l’eau de rose !

J’attendais le garçon qui oserait m’embrasser … sans pouvoir oser dire que j’avais déjà été embrassée sur la bouche par un homme. Face au copines je disais que je n’avais jamais été embrassée par un garçon 🙂

A 15 ans, je suis tombée amoureuse de « Jean-hugues », un ami de mon frère. Lors d’une boum, je l’avais invité à danser un slow (lors du « quart d’heure américain ») et quelques jours plus tard il m’avait offert des fleurs ! Mais cette histoire n’a jamais été plus loin qu’une amourette rêvée … et quelques invitations chez lui pendant les vacances avec mon frère !

 

Ma 1ère fois : une relation forcée

J’avais 21 ans et demi quand j’ai perdu ma virginité 🙂

J’étais encore très timide mais j’étais bien décidée à « sauter le pas » ! Non pas tant à perdre ma virginité qu’à me départir de cette appréhension de cet inconnu ! J’avais peur d’avoir mal comme ma mère avait eu mal (merci maman de m’avoir raconté comme ça avait été compliqué pour toi de perdre ton hymen ! c’est le genre de chose dont on ne parle pas à sa fille !)

Alors au lieu de chercher à vivre une relation à deux dans laquelle je sois respectée, il était question pour moi de ne pas finir « vieille fille » ou d’être trop en décalage avec les autres jeunes femmes de mon âge qui avaient toutes (du moins je le croyais) un mec !

 

Extrait de mon livre « victime d’inceste »

A l’époque je me servais du minitel pour faire des rencontres : 3615 DIAL

 

C’est ainsi que je l’ai rencontré un soir d’été, restée seule à la maison, alors que mon père et mes frères étaient partis en Corse et ma mère sur Antibes pour son travail.

J’ai perdu ma virginité mais sans pour autant avoir fait l’amour avec lui (!). Il voulait que ça se passe avec un homme que j’aime !

Quelques semaines plus tard, et malgré les propos d’avertissement de ma mère (« n’y vas-pas ! Fais-le venir à la maison … sois prudente !), j’étais partie en voiture au rendez-vous qui m’avait été fixé par cet homme de 32 ans, avec qui je parlais par téléphone depuis 3 semaines. Une fois arrivée près d’Arles, il m’avait demandé de laisser ma voiture sur le parking et de monter dans la sienne. Quelques minutes plus tard, il me demandait de sortir de la voiture et de le suivre : j’étais étonnée car je ne voyais vraiment pas pourquoi il avait choisi un tel lieu ! Nous étions entourés d’arbres et surtout de vilains moustiques piqueurs !

D’un coup, alors que je me trouvais debout près d’un arbre, il s’était mis à poser sa main sur mon pantalon, au niveau de mon entre cuisses, afin de me faire comprendre rapidement ce que nous étions venus faire dans ce trou perdu !

J’avais alors réagi en courant vers sa voiture et en lui demandant de me ramener au parking où j’avais laissé la mienne. Une fois entré dans son véhicule, il avait essayé à maintes reprises de me faire comprendre que je n’avais pas le choix : il avait baissé son pantalon et avait écarté ma culotte pour tenter de me pénétrer. J’avais rapidement « cogité » dans ma tête : comment faire pour m’échapper de ce traquenard ? Ma mère avait eu raison ! Bref, c’était bien de ma faute puisque j’avais été prévenue … Au bout de la énième tentative, je décidais de me laisser faire, pensant en moi que j’allais enfin perdre ma virginité pour de bon cette fois-ci, que j’allais devenir une « femme » ! Effectivement, j’ai découvert ce que signifiait « perdre son hymen » par un connard sans nom !

Parce que Monsieur, qui n’en avait pas eu assez (le pauv’, il s’était soulagé bien trop rapidement pour avoir eu le temps de profiter de mon corps, comme il l’avait souhaité !), en avait demandé une seconde fois, après avoir voulu manger un morceau au bar-restau, au centre-ville d’Arles (un bon croque Monsieur dont le fromage avait bien dégouliné sur son visage quand il l’avait mangé !). Une chance, il n’avait à aucun moment cherché à m’embrasser ! Je n’avais été qu’une sorte de poupée gonflable à ses yeux …

Bref, une fois revenue dans ce trou paumé de Camargue, je l’avais vu sortir une sorte de matelas de son coffre et m’avait demandé de m’allonger dessus. Quelle aubaine ! J’allais pouvoir me reposer un peu ? Non, j’avais bien compris que c’était reparti pour un nouveau « tour de manège » !

Mais cette fois-ci j’avais, au moins, le loisir de pouvoir étendre mes jambes … pendant que Monsieur faisait son affaire. Une chose étrange était alors arrivée : j’avais ressentie en moi une sorte de chaleur intense, qui ne pouvait pas, que dis-je, qui ne devait pas être un début de plaisir NON ! Pas avec ce mec que je ne désirais pas et qui était en train de me forcer. Moi qui ne prenais pas la pilule et sachant qu’il ne s’était pas protégé, j’avais rapidement crié un « attention, je ne veux pas tomber enceinte ! ».

En un instant, il avait réagi en se retirant et en râlant sur moi pour lui avoir dit ça : « tu fais chier ! (d’avoir parlé). Non, ce chic type avait encore de la réserve : il avait pris d’un geste rapide ma culotte pour s’essuyer avec… J’avais trouvé ça trop galant ! A tel point que je m’étais rhabillée sans porter de culotte (au point où j’en étais…).

Une fois retournée à ma voiture, je pouvais rentrer chez moi. Sur la route je me souviens avoir chanté contente d’avoir perdu cette putain de virginité qui avait été un si lourd poids pour moi qui était pourtant « fleur bleue ». Durant 16 ans, je n’ai pu accéder au plaisir à deux pendant l’acte.

 

Des rencontres en boîtes de nuit

Jusqu’à ce que je rencontre Ludovic, qui allait devenir mon fiancé, je faisais des sorties discothèque ! A la fois parce que j’aimais danser et parce que j’espérais y rencontrer un p’tit copain !

Euh … immature comme je l’étais à l’époque, je n’avais pas capté que ce style de sorties ,n’allait pas me faire découvrir le « grand amour » mais plutôt des plans foireux …

Une nuit, après avoir bien pleuré sur mon sort, je m’étais jurée de ne plus rien attendre de ce genre de sorties. Quelques mois plus tard, je rencontrais Ludovic via une annonce laissée sur le minitel 🙂

Notre relation a été belle mais je n’étais pas prête à me laisser aimer …

C’était la 1ère fois qu’un homme m’apportait autant d’amour et d’affection … je crois bien que même si j’adorais ça j’étais également mal à l’aise de ce plein d’amour

J’ai commencé à faire des crises d’angoisse et j’ai tenté plusieurs fois de rompre avec lui qui ne comprenait pas ce que je lui reprochais !

Quand mon père a eu un accident (autre que le grave accident de deltaplane en 1990) où il s’était cassé des cotes, j’ai voulu partir vivre ailleurs car je ne le supportais plus !

6 mois plus tard je suis revenue à la maison : dépressive et phobique .. j’avais rompu avec Ludo et arrêté mes études à la fac de droit.

Pendant 5 ans j’ai connu l’isolement social ..

Après coup on a compris que j’avais vécu une poussée de troubles cognitifs (les signes de troubles de l’attention et de mémoire étaient venus avant mes crises d’angoisse)

De 1995 à 2000 j’ai vécu seule .. entourée de mes parents .. et des chats persans !

 

Focus sur mes études juridiques

De 2001 à 2011, j’ai repris le chemin de la fac !

D’abord par correspondance via la fac de Grenoble puis à Aix en Provence et enfin à Montpellier : maitrise, DU sciences criminelles, Master 2 droit des activités et des professions artistiques, Master 2 droit de la santé option droit pharmaceutique. Et pour finir un Doctorat en droit à l’issue de ma soutenance de thèse en décembre 2011.

Durant ces longues années, j’étais partagée entre ma passion pour les chats persans et les études de droit que j’avais reprise après un arrêt de 5 ans !

Je pensais parfois aux mecs mais je n’avais pas trop le temps de penser sorties !

 

jour de ma soutenance de thèse

 

Annonce du diagnostic de sclérose en plaques : le 20 juillet 2007

J’étais en plein durant mes années doctorales !

En 2008, on m’a demandé de choisir un traitement de fond à base d’injections …

Mais : et mon désir d’enfant ?!

Figurez-vous qu’alors j’avais passé une petite annonce à la recherche d’un homme qui voudrait me faire un enfant. Le pire c’est que j’avais reçu des réponses ! Mais j’avais vite compris que là j’étais en plein délire !

J’ai donc abandonné le projet d’avoir un enfant, de manière réfléchie.

Le double effet annonce de la maladie a été de chercher à profiter un maximum de la vie … mon futur étant incertain.

J’avais alors 38 ans. Après mon premier bolus de cortisone qui m’avait rendu bien HS, j’avais fini par reprendre le dessus .. je ne pouvais plus courir mais je parvenais encore à marcher sans aide.

Je n’aurais pas d’enfant mais je voulais profiter d’avoir terminé enfin mes études pour me souvenir que j’étais une femme !

Je ne sais plus trop comment cela s’est passé mais en vrac j’ai fait des rencontres et des expériences … j’ai découvert le saphisme, qui m’a permis de vivre une nouvelle première fois toute autre que ma 1ère fois. Puis Camille, un JH de 20 ans de moins que moi (je vous laisse deviner son âge !).

Puis j’ai rencontré Bruno .. durant 7 ans … mais il ne vit pas sur Montpellier et lui et moi sommes très différents, trop différents, même si sur un certain plan on s’était bien entendu (car enfin un homme attentionné).

Kevin je ne t’oublie pas non plus, même si ça n’a pas pu « smatcher » entre nous, j’ai plaisir à échanger avec toi et nos vécus difficiles continuent de nous rapprocher.

 

 

Bilan

Il est clair que la SEP a influencé ma vie sentimentale, affective et sexuelle.

De même que mon passé d’enfant abusé.

Maintenant que j’ai appris à me respecter et à me faire respecter, les plan foireux je les sens venir de loin et j’apprends à les fuir !

Naturellement j’aurais tendance à aller y mettre mon nez, question de vérifier que .. « non, vraiment ?!  » Je dois apprendre à être moins curieuse et à aller vers ce que je veux et non plus me frotter à ce que je devrais fuir.

Pas facile de devoir « repartir à zero » à mon âge !

L’âge où la plupart des femmes ont déjà créé une famille (voire même deux !)

Mais bon, je le savais déjà que j’étais bien loin d’avoir une « vie normale » !

Maintenant j’aspire à pouvoir me poser avec quelqu’un, qui acceptera mon état de santé et saura être patient et surtout m’entourer d’amour !

Parce que ne pas avoir la santé c’est une chose et ne pas avoir de travail aussi mais ne pas avoir ni santé ni argent (ni l’impression d’être utile pour autrui), ni amour, là ça commence à faire beaucoup !!!!!!!!!!!!

 

(dessin de ma mère)

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